Les maladies cardiovasculaires (MCV) restent l’un des principaux défis de santé publique en Belgique. Chaque année, elles sont responsables de près d’un quart de l’ensemble des décès1. Malgré les progrès en matière de prévention et de traitement, leur impact sur les personnes, les familles et la société demeure considérable. Les experts avertissent également que le nombre de personnes atteintes de maladies cardiovasculaires sévères continuera d’augmenter si nous n’agissons pas de manière plus ciblée2.
Les facteurs de risque les plus connus des maladies cardiovasculaires sont le cholestérol élevé, l’hypertension artérielle, le diabète, le tabagisme et le surpoids. Mais les facteurs héréditaires jouent également un rôle important, comme la lipoprotéine(a), ou Lp(a) : un risque génétique encore trop souvent sous-estimé3,4.
Lp(a) : un facteur de risque génétique qui touche 1 personne sur 54,8
La Lp(a) est une forme de cholestérol dont environ 90 % est déterminée génétiquement⁵. Cela signifie qu’une personne peut présenter un taux élevé de Lp(a), indépendamment de son mode de vie ou de son alimentation⁵.
Environ 20 % de la population présente des taux élevés de Lp(a) sans le savoir4,8. Ce groupe présente un risque jusqu’à 2,7 fois plus élevé de développer des maladies cardiovasculaires graves, telles qu’un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral ou une sténose de la valve aortique4,6.
La Société Européenne de Cardiologie reconnaît la Lp(a) comme un facteur de risque des maladies cardiovasculaires indépendant3,7. Pourtant, en Belgique, la Lp(a) n’est pas mesurée de manière systématique et le test n’est pas remboursé.
Des études internationales montrent que le dépistage précoce des taux élevés de Lp(a) peut aider à mieux évaluer les risques et à intervenir de manière plus ciblée8,9.
De la sensibilisation à l’action
Les experts belges ayant contribué à un nouveau livre blanc sont unanimes : la Lp(a) est un facteur de risque héréditaire important des maladies cardiovasculaires, mais elle reçoit encore trop peu d’attention aujourd’hui. Un dépistage précoce peut pourtant aider à prévenir des complications cardiaques graves⁹,10.
Cela appelle à une mobilisation de tous :
- Les professionnels de santé, en testant systématiquement la Lp(a) chez les personnes présentant un risque accru ou familial
- Les décideurs politiques et les organisations de soins, en intégrant la Lp(a) de manière structurelle dans la prévention
- Les patients, en rendant les risques héréditaires discutables et visibles
Face au vieillissement de la population et à la pression croissante sur les systèmes de santé, l’inaction n’est pas une option. À travers le Safe Hearts Plan, l’Europe progresse vers une approche intégrée de la santé cardiovasculaire⁷. La Belgique peut également y contribuer en tant que précurseur grâce à son Plan Cardiovasculaire.
Le livre blanc appelle à cinq actions concrètes10 :
- Reconnaître la Lp(a) comme facteur de risque génétique
- Utiliser la Lp(a) pour une prévention cardiovasculaire plus ciblée
- Rendre le test de la Lp(a) largement accessible
- Utiliser l’eSanté pour un meilleur suivi
- Investir dans la sensibilisation nationale
Améliorer ensemble la santé cardiaque
Il est temps de rendre la Lp(a) visible. En informant et en mobilisant les citoyens, les professionnels de santé et les décideurs politiques, nous pouvons sauver des vies et protéger les familles contre les conséquences majeures des maladies cardiovasculaires4,9,11.
Les experts ayant contribué au livre blanc partagent leurs analyses, expriment leurs convictions et appellent à l’action. Ensemble, nous pouvons donner à la Lp(a), en tant que facteur de risque à prendre en charge, la place qu’elle mérite dans la prévention cardiovasculaire.